Bande dessinée poissons


Le Haut-Rhône compte aujourd'hui de nombreuses espèces de poissons qui évoluent entre le fleuve et ses différentes annexes aquatiques comme les lônes. Il est rare, en effet, qu’un poisson grandisse, se nourrisse et se reproduise dans le même type d’habitat. La plupart d'entre eux doivent donc effectuer des déplacements au gré de la profondeur et de la température de l'eau, de la vitesse du courant, de la présence de végétation immergée, …


Ces caractéristiques influencent aussi le type de peuplement piscicole sur un secteur donné. Ainsi, par exemple, des espèces comme les ombres, truites, hotus, barbeaux ou chabots se situeront dans les secteurs à courant rapide. Les secteurs stagnants ou à courant lent seront, eux, plus favorables aux rotengles, tanches, bouvières ou aux brochets. La plupart des alevins, quant à eux, trouveront dans les lônes peu courantes, des conditions favorables pour leur croissance (température, caches, …).

    
L'évolution des populations piscicoles dépend donc, entre autre, des connexions  entre l’ensemble des habitats aquatiques. Le Programme de Réhabilitation du Haut-Rhône a déjà permit de réaliser plusieurs opérations visant à restaurer cette continuité piscicole, (aménagement d'une passe à poissons, augmentation des débits réservés et réouverture de lônes). Ce travail se poursuit aujourd'hui avec le Plan d'Action en Faveur de la Biodiversité du Haut-Rhône qui prévoit de nouvelles actions sur cette problématique (amélioration des connexions avec les affluents, étude de franchissement des seuils dans le lit du Rhône, …).


Depuis plusieurs années maintenant, le suivi scientifique initié par le Programme de Réhabilitation du Haut-Rhône permet de suivre les évolutions des espèces de poissons sur les différents secteurs du Haut-Rhône.
Un bilan de ce suivi sera disponible prochainement dans l'espace de téléchargement En savoir +.

 

Focus sur quelques espèces patrimoniales de poissons du Haut-Rhône :

  • La bouvière

La bouvière vit dans les eaux calmes à fonds sableux ou limoneux et fréquente les herbiers. Le frai a lieu d’avril à juin. Cette espèce adopte alors une stratégie particulière qui nécessite la présence de certaines moules d’eau douces du genre Unio ou Anodonte. En effet, la ponte et l’incubation des œufs se font uniquement à l’intérieur de ces mollusques. La reproduction de la bouvière est donc directement liée aux fonds vaseux fréquentés par ces espèces qui peuvent êtres, par ailleurs, prédatées par deux espèces exotiques envahissantes, le ragondin et le rat musqué.


La bouvière est inscrite à l’annexe II de la Directive Habitats-Faune-Flore.

 

  • Le blageon

Cette espèce, en régression dans toute l'Europe, se rencontre principalement dans les tronçons court-circuités. Elle affectionne les eaux courantes fraiches à fond de gravier où elle effectue également le frai au mois de juin.


Le blageon est inscrit à l’annexe II de la Directive Habitats-Faune-Flore.

 

  • Le brochet

Espèce Inféodée aux secteurs stagnants ou à courant lent. Sa reproduction a lieu entre février et avril au niveau des ruisseaux affluents, des fossés ou des prairies inondées. Elle se déroule à l’époque des crues dans les zones calmes ou très peu courantes et généralement sous faible hauteur d’eau. Il recherche alors comme substrat de ponte les tapis de végétaux denses et courts. Sur le Haut-Rhône, il a été particulièrement affecté par la réduction des zones inondables consécutive aux différents aménagements.

Capture d'un brochet
Suivi scientifique: capture d'un brochet pour mesures avant remise à l'eau (J. M. Olivier)

 

  • L'ombre commun

Cette espèce est présente sur les portions de Rhône court-circuités de Chautagne, Belley et Brégnier-Cordon. Elle est inféodée aux zones courantes. La reproduction a lieu au printemps durant les mois de mars et avril. Les frayères sont généralement situées en tête de radiers sous faibles hauteurs d’eau (20 à 40 cm). Elles sont caractérisées par un substrat de graviers fins et des vitesses de courant assez fortes voire fortes.