• Le sonneur à ventre jaune

Avec ses pupilles en forme de cœur, ce petit crapaud discret d’environ cinq centimètres sait se protéger de ses prédateurs en se fondant dans le paysage. Et lorsque ceux-ci se font trop insistants, il leur dévoile sa face ventrale bariolée… en guise d’avertissement ! Malgré sa discrétion et sa faculté à s’adapter à certaines activités humaines, la disparition progressive des réseaux de petits points d’eau et l'écrasement par les véhicules le rendent vulnérable*, au point de devoir faire l’objet d’un plan national d’actions.

Sonneur à ventre jaune
Sonneur à ventre jaune (M. Bouron)

 
Carole Desplanque, conservatrice de la Réserve Naturelle Régionale des îles du Haut-Rhône à l’Office National des Forêts (ONF) : « Les lieux de reproduction de cette espèce sont des trous d’eau régulièrement rajeunis par les crues et dépôts du fleuve. Etant donné la raréfaction de ces phénomènes naturels, c’est le passage de véhicules sur les pistes qui permet l’entretien d’ornières favorables à l’espèce. Dans la Réserve Naturelle des îles du Haut-Rhône, ce sont les chasseurs qui entretiennent ces ornières par leur passage; en période de reproduction du sonneur, leurs tracteurs évitent les ornières pour ne pas les  écraser ».


En 2012, la Ligue de Protection des Oiseaux de la Savoie a procédé à un inventaire et un recueil des données de sonneurs à ventre jaune sur le Haut-Rhône. L’objectif est d'établir une hiérarchisation des sites abritant des populations de sonneurs afin qu’ils bénéficient de mesures de préservation et de travaux de restauration si besoin. Il s’agit d’élaborer un plan d'action local de cette espèce dans le cadre du Plan d'Action en Faveur de la Biodiversité du Haut-Rhône.

 

Sonneur à ventre jaune
Sonneur à ventre jaune (R. Quesada)

 

  • La cistude d'Europe

La cistude d'Europe est l'une des deux seules tortues d’eau douce indigènes de France, avec l’émyde lépreuse qui ne vit qu’en Languedoc - Roussillon.


La cistude occupe les mares, les étangs, les rivières à courant lent et bien végétalisés, les lacs, canaux, fossés et les marais. Elle était autrefois très commune en Europe, mais consommée au Moyen-âge puis victime des aménagements (drainage, endiguements…) et de la pollution, elle a considérablement régressé au cours du XIXe siècle. Elle est également concurrencée par la tortue de Floride, espèce exotique envahissante qui s’empare de sa niche écologique.


Comme le sonneur à ventre jaune, la cistude d'Europe fait l'objet d'un plan national d'actions.


Une seule population de cistude d'Europe est connue sur le Haut-Rhône (Chautagne) et provient d'un programme de réintroduction mené par le Conservatoire d'Espaces Naturels de Savoie. D'autres populations sont présentes à l'aval du territoire en Isère (étangs de l’île Crémieu) et sur le Lac du Bourget.


La Cistude d'Europe hiverne d’octobre à mars dans la vase ou dans les racines immergées des arbres de la ripisylve. Diurne, elle prend des bains de soleil dans la journée et s’immerge lorsque les températures sont trop élevées. Elle est surtout carnivore (insectes, mollusques, crustacés) et débarrasse les milieux aquatiques des poissons morts.


Retrouvez une exposition sur la cistude en téléchargement sur le site du Conservatoire d'Espaces Naturels de Savoie (l'exposition peut aussi être empruntée) : http://www.cen-savoie.org/publications/les-expositions

 

Cistude d' Europe
Cistude d'Europe (M. Bouron)